
Longtemps cantonné à la sphère religieuse, le voile s’impose aujourd’hui comme un élément visible et pluriel de l’espace public sénégalais. À l’occasion de la Journée mondiale du hijab, célébrée chaque 1er février, ce symbole suscite de nouveaux débats, à la croisée de la foi, de la mode et des transformations sociales contemporaines.
Dans les marchés et sur les réseaux sociaux, de jeunes femmes réinventent le port du voile. À Rufisque, Amy Ndoye, 25 ans, organise une tontine pour encourager d’autres filles à adopter le hijab, en valorisant les styles et les accessoires. Pour Mbène Sène, 21 ans, le voile est avant tout un engagement spirituel ancien, ancré dans une trajectoire personnelle assumée.
Pour le sociologue Pr Djiby Diakhaté, le voile ne peut être réduit à une seule lecture. Il s’inscrit à la fois dans un héritage culturel, l’influence de la mode mondialisée, une quête de spiritualité et parfois des stratégies de protection sociale dans l’espace public.
Entre tradition et modernité, le voile apparaît ainsi comme un phénomène complexe, révélateur des mutations de la société sénégalaise.
Par Komi ABLE


