
L’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien président de la transition, le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a ravivé de nombreuses spéculations dans l’espace médiatique ouest-africain. Si le Togo, pays d’accueil de l’ex-dirigeant depuis sa chute en 2022, se retrouve au cœur du processus, la Côte d’Ivoire est, elle, régulièrement citée dans certains discours comme un acteur indirect de cette affaire, souvent sur fond de rumeurs et d’interprétations politiques.
Lomé avait accepté d’héberger Damiba dans un esprit de médiation régionale, avec l’aval des autorités burkinabè, afin d’éviter une escalade de violences après le putsch du capitaine Ibrahim Traoré. En procédant aujourd’hui à son extradition à la suite d’une demande formelle de Ouagadougou, le Togo s’inscrit dans un cadre légal et diplomatique qui relève davantage de la coopération judiciaire que d’un revirement politique.
À Abidjan, en revanche, certaines voix sur les réseaux sociaux évoquent une supposée colère ivoirienne ou un agenda caché, sans fondement officiel. En réalité, la Côte d’Ivoire n’a jamais été partie prenante de l’accueil ou de la remise de Damiba. Cette affaire illustre surtout la fragilité des transitions militaires dans la région et la facilité avec laquelle les fantasmes géopolitiques remplacent parfois l’analyse des faits. Par Komi ABLE


