
Érudit musulman sénégalais du XIXᵉ siècle, Mame Gor Sané Niang demeure l’une des figures emblématiques de l’islam dans le Djolof. Membre de la Tariqa Tidjania, il est le fondateur du village de Ngueth, dans la commune de Dahra (département de Linguère), devenu au fil du temps un important foyer religieux. Né vers 1840 à Affé-Toune, localité située à quelques kilomètres de Kaffrine, il est issu d’une famille pieuse, fils de Mame Bara Khoudia Niang et de Mame Sané Ndiaye.
Très tôt, Mame Gor Sané Niang se consacre à l’enseignement du Coran, à la prière et au travail de la terre, incarnant l’idéal de l’érudit soufi enraciné dans la foi et la communauté. Il entretenait des relations étroites avec de grandes figures spirituelles de son époque, notamment Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, et Seydi Elhadji Malick Sy, illustre guide de la Tidjania. Par ses visites régulières à Diourbel et à Tivaouane, il jouait un rôle de trait d’union entre les grandes confréries soufies du Sénégal.
C’est sur recommandation de Seydi Elhadji Malick Sy qu’il initie, en 1902, le gamou annuel de Ngueth, célébrant la naissance du Prophète Mouhammed (PSL). Plus d’un siècle plus tard, cet événement est devenu un rendez-vous spirituel majeur, rassemblant des milliers de fidèles. Père fondateur du foyer religieux de Ngueth, Mame Gor Sané Niang a laissé un héritage durable, aujourd’hui perpétué par son descendant Cheikh Faty Niang, khalife général. Son œuvre continue d’inspirer par les valeurs de piété, de sagesse et de transmission du savoir islamique.
Par Komi ABLE


