Chronique du Pr Alioune Badara Ndiaye

La Casamance ne saurait être assimilée à une seule de ses composantes administratives. Elle est, de manière clairement établie, constituée de trois régions distinctes : Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Chacune de ces entités présente des réalités économiques, sociales, culturelles et infrastructurelles spécifiques, qui contribuent, de façon complémentaire, à l’identité et aux enjeux de l’espace casamançais.
Dans ce contexte, qualifier de « visite de la Casamance » un déplacement officiel qui ne concerne qu’une seule région relève d’une approximation sémantique susceptible de prêter à confusion. Une visite à Ziguinchor, aussi significative soit-elle sur les plans politique et symbolique, ne peut être tenue pour représentative de l’ensemble de la Casamance.
Les régions de Sédhiou et de Kolda, elles aussi confrontées à des défis majeurs en matière de développement, de cohésion sociale et de consolidation de la paix, demeurent ainsi en dehors du périmètre de cette appellation globale. Or, les réalités territoriales diffèrent sensiblement d’une région à l’autre : Kolda n’est pas Ziguinchor, et Sédhiou ne se confond pas avec Kolda.
Une visite véritablement qualifiable de « casamançaise » devrait s’inscrire dans une démarche inclusive et exhaustive, intégrant l’ensemble des régions qui composent cet espace. Elle permettrait d’appréhender la diversité des situations locales, d’écouter l’ensemble des acteurs concernés et d’apporter des réponses adaptées aux besoins spécifiques de chaque territoire. À défaut d’une telle approche, il serait plus conforme à la rigueur institutionnelle de parler d’une visite régionale, et non d’une visite de la Casamance dans sa globalité.
L’étape de Sédhiou, à elle seule, ne saurait davantage justifier une telle généralisation. Si la programmation d’un déplacement officiel a manqué de cohérence territoriale, la responsabilité en incombe aux instances chargées de l’élaboration de l’agenda présidentiel. Une telle imprécision, lorsqu’elle relève de l’improvisation, est de nature à fragiliser la portée politique du message transmis.
La précision du langage institutionnel demeure essentielle. Elle constitue un indicateur du respect accordé aux territoires et à leurs populations. Reconnaître la pluralité régionale de la Casamance, c’est admettre que son développement équilibré et sa stabilité durable reposent sur une attention équitable portée à Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, sans réduction ni confusion.


