Chronique de l’inspecteur Ibrahima Ndiaye

Le retour du réel en politique
Il est des moments où le discours politique paraît flotter, abstrait, éloigné des réalités du citoyen qui fait ses courses au marché. Puis surviennent des périodes où les mots s’incarnent en actes si concrets qu’ils deviennent indiscutables. Le Sénégal vit aujourd’hui l’un de ces tournants.
Dans un contexte mondial marqué par l’inflation présentée comme une fatalité, le pays, sous la conduite du Premier ministre Ousmane Sonko et dans le sillage de la vision présidentielle de Bassirou Diomaye Faye, opère un renversement de paradigme aussi simple que profond : la politique doit d’abord soulager, protéger et libérer les énergies.
I. Le choc du concret : redonner souffle au quotidien
La première démonstration de cette nouvelle grammaire gouvernementale est un véritable choc du concret.
Le sac de riz, pilier de l’alimentation sénégalaise, passe de 22 000 à 15 500 FCFA.
Le bidon d’huile baisse de 3 500 FCFA.
Ces chiffres ne sont pas des abstractions statistiques : ce sont des respirations retrouvées pour des milliers de familles. À la pompe, le soulagement est tout aussi tangible : la baisse du supercarburant et du gasoil allège immédiatement le coût des transports et, par ricochet, celui de tous les biens de consommation.
Il ne s’agit ni d’une mesure cosmétique ni d’un geste électoraliste, mais de l’acte fondateur d’une philosophie claire : la priorité absolue est le pouvoir d’achat et la dignité du quotidien. Là où d’autres gouvernements se réfugient derrière la complexité des marchés mondiaux, l’exécutif sénégalais assume une vérité essentielle : l’économie est au service de l’homme, et non l’inverse.
Cette politique s’écrit dans des lettres que chacun peut lire : celles du ticket de caisse et de la facture de carburant. Une politique qui se touche, qui se vit. Le retour fracassant de l’essentiel.
II. Bâtir l’avenir : BTP, énergie et souveraineté
Soulager l’immédiat est vital. Bâtir l’avenir est impératif.
C’est ici que la cohérence et l’ambition de la stratégie sénégalaise apparaissent pleinement.
La baisse des prix s’attaque désormais aux fondations mêmes du développement. Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), pilier de l’économie nationale, bénéficie d’une réduction structurelle des intrants : fer importé, fer local, ciment. Un choix d’un pragmatisme redoutable.
Les effets sont multiplicateurs : logements plus accessibles, stimulation des PME locales, relance des chantiers, création d’emplois. En réduisant le coût de la construction, c’est le coût de l’avenir que l’on abaisse.
Mais l’ambition va plus loin encore. L’annonce de la construction du premier réseau national de gazoducs, prévue avant fin 2025, marque un tournant historique. Plus qu’une infrastructure, c’est un choix de souveraineté énergétique. En exploitant le gaz national pour alimenter centrales, industries et ménages, le Sénégal rompt avec une dépendance coûteuse aux importations.
La stratégie énergétique « de bout en bout », portée par le ministre Birame Soulèye Diop, dessine la colonne vertébrale d’un Sénégal industriel, compétitif et maître de ses ressources. Le pays passe d’une logique de rente à une logique de transformation structurelle, tout en se positionnant comme un hub régional du bassin MSGBC.
III. Une puissance nouvelle : diplomatie économique et justice sociale
La puissance d’une nation ne se mesure pas uniquement à sa politique intérieure, mais aussi à sa capacité à attirer des partenariats équilibrés et respectueux. À cet égard, la trajectoire sénégalaise inspire confiance.
La signature récente de dix protocoles d’accord avec les Émirats Arabes Unis, couvrant des secteurs clés tels que l’agriculture, la santé, le numérique, les mines et le logement social, en est une illustration éclatante. Ces accords ne traduisent ni dépendance ni complaisance, mais une diplomatie économique assumée, alignée sur un projet national clair.
La souveraineté, ici, n’est pas synonyme d’autarcie. Elle réside dans la capacité à choisir ses partenaires au service d’un développement endogène.
Parallèlement, l’État assume pleinement son rôle de protecteur social. Le retour des bourses familiales, après un travail rigoureux de diagnostic et de ciblage, réaffirme un principe fondamental : dans ce nouvel élan, personne ne doit être laissé au bord du chemin.
C’est la politique du « et » :
et la croissance, et la protection ;
et l’ouverture, et le filet social.
Une approche équilibrée, lucide, qui avance sans fracturer la société.
IV. Gouverner autrement : la méthode et l’esprit
Au-delà des décisions, c’est la méthode qui interpelle. Le Premier ministre Ousmane Sonko, souvent caricaturé, incarne une ténacité froide, orientée vers un seul objectif : des résultats tangibles pour le peuple. Les campagnes de dénigrement et les polémiques s’écrasent contre le mur des faits accomplis.
Cette gouvernance se distingue par :
- le refus des gabegies du passé,
- la transparence dans les objectifs,
- la responsabilité dans chaque décision, évaluée à l’aune de son impact réel sur la vie des Sénégalais.
C’est une réponse directe au cynisme et à la défiance, un antidote politique fondé sur l’action.
L’espérance active retrouvée
De l’ombre de l’incertitude économique et du fatalisme, le Sénégal émerge vers une certitude retrouvée : son destin est entre ses mains. La trajectoire n’est pas exempte de défis, mais elle est claire, assumée et orientée vers la souveraineté, la justice sociale et la prospérité partagée.
Cette chronique n’est pas un éloge béat. C’est un constat.
Les premiers chapitres de cette nouvelle ère sont convaincants. Ils offrent au pays cette richesse rare : l’espérance active.
Le Sénégal a choisi son cap.
Et, pour une fois, la terre ferme est visible à l’horizon.



2 Commentaires
Un texte d’une beauté rare. J’apprécie beaucoup le style.
Bonsoir inspecteur, un texte riche d’enseignement