
Le fleuve Casamance s’apprête à retrouver une place centrale dans l’économie régionale. L’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM) a lancé mercredi un projet majeur de dragage, d’aménagement fluviomaritime et de modernisation portuaire, pour un investissement total de 42,9 milliards de francs CFA. Objectif : désenclaver le Sud du pays et transformer le fleuve en véritable corridor économique.
Soutenu par l’institution néerlandaise Invest International, le programme vise à améliorer le transport des personnes et des marchandises, moderniser la pêche artisanale et renforcer les capacités techniques des acteurs du secteur.
Des études lancées, un financement structuré

Les premières études de préfaisabilité, financées à 115 000 euros (plus de 75 millions CFA), permettront de définir précisément les contours du chantier.
Pour Maguèye Gueye, administrateur maritime à l’ANAM, l’ambition est claire :
« Faire de la Casamance un pôle fluviomaritime majeur, avec une mobilité moderne et durable. »
Le projet s’aligne sur les directives du Conseil interministériel et la stratégie sectorielle du ministère des Pêches.
Un chantier aux multiples volets
Le programme se déploiera autour de quatre axes :
- Dragage du fleuve Casamance : sécuriser et fluidifier la navigation.
- Désenclavement interno-fluvial : connecter durablement les localités riveraines.
- Ports modernes à Elinkine et Kafountine : améliorer les infrastructures de pêche et dynamiser l’économie locale.
- Centre de formation maritime : préparer les jeunes aux métiers de la mer et soutenir l’économie bleue.
La phase de structuration débutera février 2026. Le rapport de préfaisabilité est attendu en juillet, étape décisive pour déterminer le périmètre final des interventions.
Un souffle nouveau pour les populations

Pour le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, l’impact dépasse la seule réalisation d’infrastructures :
« Ce projet réduira les coûts de transport, modernisera la pêche et améliorera le quotidien des populations. »
Quarante-quatre localités insulaires ont été recensées. Seules celles répondant aux critères techniques seront intégrées, la connexion au réseau routier restant un enjeu majeur pour un désenclavement complet.
Un partenariat renforcé avec les Pays-Bas

Présente à Ziguinchor, l’ambassadrice des Pays-Bas, Carmen Hagenaars, a réaffirmé l’engagement de son pays dans les secteurs maritime, hydraulique et agricole, avec un accent particulier sur la formation professionnelle.
Cinq entreprises néerlandaises spécialisées dans les infrastructures maritimes accompagnent cette première phase d’études, confirmant l’importance stratégique du partenariat.
Un tournant pour la Casamance
Avec ce projet, la Casamance pourrait ouvrir une nouvelle ère de développement, fondée sur la valorisation de son fleuve, de ses ports et de ses ressources humaines.
Un chantier attendu depuis longtemps, porteur d’espoir pour une région qui aspire à devenir un pôle économique incontournable du Sénégal.
Par Aminata Diatta


