
À l’approche de la publication du Livre blanc sur Thiaroye, une vive controverse secoue le milieu académique et les acteurs de la mémoire. L’historienne Armelle Mabon, figure reconnue des travaux sur le massacre des tirailleurs sénégalais, dénonce des « approximations » et des « incohérences » dans le document à paraître. Selon elle, certaines conclusions manqueraient de rigueur scientifique et risqueraient d’alimenter un récit biaisé.
Face à ces critiques, le professeur Mamadou Diouf, président du Comité pour la commémoration du massacre, rejette toute idée de validation externe. Il défend un « récit africain indépendant », construit par des chercheurs du continent, sans tutelle intellectuelle. Pour lui, l’objectif est de restituer la mémoire de Thiaroye avec une voix autonome, enracinée dans les réalités africaines.
Comme le rapporte L’Observateur, cette tension met en lumière une problématique ancienne : comment concilier mémoire officielle, enjeux politiques et exigence de vérité historique ? Alors que les familles de victimes et les chercheurs espèrent une clarification définitive, la publication du Livre blanc s’annonce déjà comme un moment décisif… et potentiellement explosif.
Par Komi ABLE


