
À quelques jours de l’élection présidentielle, la Guinée-Bissau retient son souffle. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, apparaît en pole position selon plusieurs observateurs, porté par un appareil d’État mobilisé et une opposition fragmentée. Mais le climat reste électrique dans un pays habitué aux crises politiques et militaires, où chaque scrutin cristallise les tensions.
Embaló mise sur son discours de stabilité et de fermeté sécuritaire pour convaincre un électorat inquiet face à la persistance du narcotrafic, à la fragilité institutionnelle et aux rivalités au sein des forces armées. Ses opposants dénoncent toutefois une gouvernance autoritaire, des arrestations jugées arbitraires et un affaiblissement du Parlement, alimentant un climat de suspicion à l’approche du vote.
Face à cette polarisation, les partenaires internationaux appellent au calme et à des élections transparentes. Mais sur le terrain, la méfiance domine. Si Embaló semble favori, le verdict des urnes pourrait encore réserver des surprises dans un pays où l’équilibre du pouvoir reste précaire et où la moindre étincelle peut rallumer les tensions.
Par Komi ABLE


