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Jub Jubal Jubbanti : la transparence comme nouvelle boussole politique

Chronique de l’inspecteur Ibrahima Ndiaye

Depuis quelques mois, le Sénégal vit au rythme d’un exercice inédit : celui de la vérité financière. La révélation d’une dette cachée, héritée de l’ancien régime, a suscité une onde de choc dans l’opinion publique. Entre espoir d’un assainissement salutaire et inquiétudes face aux restrictions budgétaires, le débat s’installe. Mais au-delà des chiffres, c’est une nouvelle culture politique qui s’esquisse, portée par le tandem présidentiel Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko.

La transparence, un pari politique assumé

Les difficultés économiques actuelles trouvent leurs racines bien avant le changement de régime. Dès 2018, Ousmane Sonko, alors député et opposant farouche à Macky Sall, dénonçait la dérive de l’endettement public et les risques de dépendance financière. Ses avertissements résonnent aujourd’hui comme une prophétie.

En rendant publique l’ampleur des dettes accumulées, le gouvernement Diomaye-Sonko a fait le choix courageux de la vérité. Un choix politiquement risqué, tant la tentation du silence ou de la dissimulation aurait pu sembler plus confortable. Mais cette transparence s’inscrit dans une cohérence idéologique : celle d’un pouvoir qui a bâti sa légitimité sur la probité et la rupture.

« Mieux vaut affronter la vérité maintenant que d’être emporté par le mensonge plus tard », confie un proche du Premier ministre.

Une reconnaissance internationale qui change la donne

L’approche du gouvernement n’a pas échappé aux institutions internationales. Le 3 octobre 2025, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, saluait « l’engagement admirable » du Sénégal en faveur de la transparence et annonçait un accompagnement renforcé du programme économique national.

Cette validation internationale est loin d’être anodine. Elle traduit une confiance renouvelée envers un État qui choisit la rigueur plutôt que la facilité. Pour un pays qui aspire à attirer les investisseurs et à stabiliser ses finances, cette crédibilité retrouvée vaut bien des sacrifices.

« Jub Jubal Jubbanti » : de la devise à la pratique

Slogan de campagne hier, le Jub Jubal Jubbanti — droiture, intégrité, transparence — est devenu aujourd’hui la colonne vertébrale du projet politique. Ce triptyque moral se décline désormais dans les actes concrets du gouvernement.

La circulaire signée par le Premier ministre pour limiter le cumul des avantages au sein des ministères en est un exemple emblématique. Sobriété, rationalisation, exemplarité : les mots d’ordre sont clairs. Cette décision, au-delà de son impact budgétaire, a une portée symbolique. Elle rompt avec les privilèges qui ont longtemps gangrené l’administration publique et envoie un signal fort : l’État se veut désormais au service du collectif, non des intérêts individuels.

Des militants à la hauteur de la nouvelle ère

Cette exigence ne saurait se limiter au sommet de l’État. Elle s’adresse aussi aux militants du PASTEF, dont le rôle évolue avec l’exercice du pouvoir. Finies les envolées virulentes des années d’opposition. Le moment est venu de défendre les réalisations, d’expliquer les réformes et de promouvoir la pédagogie politique.

Le code de conduite du parti en fait une exigence : nul n’est au-dessus des lois. En adoptant cette discipline et cette retenue, les partisans participent à la maturation du mouvement et à la consolidation d’une majorité responsable.

« Le pouvoir exige plus de retenue que la contestation », résume un cadre du parti.

Quand le respect devient un acte politique

Le Jub ne s’arrête pas aux finances ou à la gestion administrative. Il s’étend à la manière d’être et de se comporter dans l’espace public. L’épisode des moqueries en ligne visant l’accent anglais du président Diomaye Faye lors d’un discours au Kenya en a été une illustration.

Derrière ces railleries, c’est parfois l’ombre d’une intolérance linguistique et culturelle qui persiste. Or, dans un monde globalisé, chaque accent raconte une histoire, une identité, une singularité. Ce qui importe, ce n’est pas la perfection formelle, mais la sincérité du message et l’intention derrière les mots.

En défendant le respect et l’ouverture, le Jub Jubal Jubbanti rappelle que la refondation morale d’un pays commence aussi dans la façon dont ses citoyens se parlent et se regardent.

Une refondation silencieuse, mais profonde

La transformation en cours ne se mesure pas seulement à travers les réformes économiques ou les textes réglementaires. Elle s’inscrit dans un projet plus vaste : réinventer la relation entre l’État et le citoyen.

Le Jub Jubal Jubbanti se veut à la fois un horizon éthique et une discipline collective. Il invite chacun — responsable politique, fonctionnaire, militant ou simple citoyen — à participer à cette reconstruction morale.

Le chemin sera long, mais la direction est claire. Le Sénégal expérimente aujourd’hui une gouvernance qui mise sur la sincérité, la modestie et la responsabilité. Et si cette transparence dérange, c’est peut-être parce qu’elle marque, pour la première fois depuis longtemps, le début d’une véritable révolution politique et citoyenne.

12 Commentaires

  • Ibou Tamba

    Merci, Inspecteur Ndiaye pour Cet analyse. Nous remarquons clairement que ce regime va pourvoir sortie le Senegal du gouffre herite de l’ancien regime. Si le peuple Soutien ce nouveau regime, il va certainement reussir son pari. C’est pourquoi j’apprecie ta reflection car elle permet d’ eclairer ceux la qui doute encore.

  • Dr Guène faye formateur

    Un bon texte et toutes nos félicitations le jub, jubal et jubante une affaire de tous.

  • Mame Couna Diaw

    Analyse très pertinente Inspecteur Ndiaye. Dans un pays qui se veut être respecté,il faut impérativement traduire les slogans en actes concrets. Le redressement d’un pays passe nécessairement par un changement de comportement des citoyens et sur ceux je suis totalement en phase avec vous.
    Toutes mes félicitations et bonne continuation

    • Idrissa Tamba

      Le jub jubal jubanti n’est plus un slogan politique mais une option de gouvernance qu’opte le tandem Diomaye-Sonko. Le comprendre, l’accepter et s’aligner est la seule solution car un pays ne pays pas se construire ni se développer dans la combine, la duperie, et le détournement des biens publics sans sanction.

  • Bass Sagna

    * Pertinent et profond. Il ne faudrait pas désespérer parce que nous sommes sur la bonne voie. Je fais parti de ceux là qui n’attendent pas que Sonko et Diomaye développent le Sénégal en infrastructures mais qu’ils posent les jalons pour le changement de comportement des Sénégalais que nous sommes. Que chaque Sénégalais intègre en lui des notions de travail, de service et de sacrifice. Si des pays bien plus mal partis que nous ont réussi, pourquoi pas nous? Battons nous pas pour nous, mais pour qu’au moins nos enfants n’aient pas à subir ce que nous avons enduré. C’est à mon sens ce qui est le don de soi pour la patrie.

  • Bass Sagna

    Pertinent et profond. Il ne faudrait pas désespérer parce que nous sommes sur la bonne voie. Je fais parti de ceux là qui n’attendent pas que Sonko et Diomaye développent le Sénégal en infrastructures mais qu’ils posent les jalons pour le changement de comportement des Sénégalais que nous sommes. Que chaque Sénégalais intègre en lui des notions de travail, de service et de sacrifice. Si des pays bien plus mal partis que nous ont réussi, pourquoi pas nous? Battons nous pas nous, mais qu’au moins nos enfants n’aient pas à subir ce que nous avons enduré. C’est à mon sens ce qui est le don de soi pour la patrie.

  • Seydi Seydi

    Bien dit, inspecteur…

  • Eddine Bachir Bodian

    Bonjour Inspecteur, ravi de vous lire. Je salue la profondeur de votre analyse et la pertinence des idées.
    Vous avez raison, il faut un élan et un engagement au service de la nation pour bâtir un nouveau Sénégal sous la houlette du PASTEF avec comme tête de fil le Tandem Diomaye Sonko respectivement Président et Premier Ministre.
    Ils ont défini la démarche à suivre calquée sur le JUB JUBBAL JUBANTI, il appartient maintenant aux citoyens de s’y conformer par des actes concrets car le changement de paradigmes doit être l’affaire de tous et pas seulement des politiques autrement la tâche sera encore plus ardue et compliquée qu’elle ne l’est déjà.
    Merci à bientôt pour d’autres critiques pointues sur la gestion de notre bien commun.

  • Aliou NIASSY

    Encore une analyse on ne peut plus pertinente.

    • Eddine Bachir Bodian

      Bonjour Inspecteur, ravi de vous lire. Je salue la profondeur de votre analyse et la pertinence des idées.
      Vous avez raison, il faut un élan et un engagement au service de la nation pour bâtir un nouveau Sénégal sous la houlette du PASTEF avec comme tête de fil le Tandem Diomaye Sonko respectivement Président et Premier Ministre.
      Ils ont défini la démarche à suivre calquée sur le JUB JUBBAL JUBANTI, il appartient maintenant aux citoyens de s’y conformer par des actes concrets car le changement de paradigmes doit être l’affaire de tous et pas seulement des politiques autrement la tâche sera encore plus ardue et compliquée qu’elle ne l’est déjà.
      Merci à bientôt pour d’autres critiques pointues sur la gestion de notre bien commun.

      • Lamine Faye

        Cher inspecteur votre analyse est très approfondie. L’intolérance dont une partie de nos compatriotes a fait montre en écoutant le discours en a.nglais du président relève de l’inculture.. Une langue étrangère est toujours affectée par le mother tongue.. L’important c’est le message que véhicule le discours. C’est une situation très regrettable .
        Bravo pour le style on ne peut plus clair.

  • Omar Batama DIATTA

    Belle analyse

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