
À Abidjan, le tribunal des flagrants délits a condamné 32 manifestants à trois ans de prison ferme pour « troubles à l’ordre public ». Ces peines interviennent à seulement quatre jours du scrutin présidentiel, dans un climat politique déjà tendu. Les condamnés avaient participé, le 11 octobre dernier, à une manifestation interdite organisée par le Front commun, une coalition regroupant le PDCI et le PPA-CI, les deux principales formations de l’opposition.
Selon les autorités judiciaires, les protestataires auraient perturbé la circulation et tenté de « déstabiliser le bon déroulement de la campagne électorale ». Les avocats de la défense dénoncent, eux, une décision expéditive et politiquement motivée, symbole d’un durcissement du pouvoir à l’approche du vote.
Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression et de manifestation en Côte d’Ivoire, alors que la campagne présidentielle entre dans sa phase décisive. Les partis d’opposition appellent à la retenue, tandis que la communauté internationale observe de près l’évolution de la situation à Abidjan.
Par Komi ABLE


