
Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, inspire plus d’un. Et Ousmane Sonko, lui, semble marcher sur ce boulevard spirituel et politique avec la ferveur d’un croyant et la détermination d’un conquérant. Le leader du Pastef porte profondément dans son cœur Serigne Touba, dont il a sollicité et obtenu la bénédiction. À Massalikoul Jinaan, le Patriote a rendu un vibrant hommage à Xadimu Rasul pour l’immensité de son œuvre, s’attirant ainsi la sympathie du cœur de Touba et des mourides à travers le monde.
Le témoignage de Mbackiyou Faye, représentant du Khalife général des mourides, qualifiant Sonko d’« honnête et bon musulman », n’est pas anodin. Dans l’enceinte sacrée de Massalikoul Jinaan, chaque mot a son poids. Ce n’est donc pas un hasard si le Président Abdoulaye Wade confiait que Sonko lui rappelle sa jeunesse, ses années de braise et de combat.
Éveilleur de consciences, Ousmane Sonko s’est imposé en peu de temps dans un espace politique sénégalais où il faut, pour exister, avoir la peau dure. Refusant le simple statut de chef de l’opposition que Macky Sall lui déniait, il s’est forgé celui d’un véritable leader. Car, dans le tumulte du système, Sonko demeure celui qui danse la cadence de l’anti-système — et qui, par sa seule présence, le dérange.
Par Komi ABLE


