
Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a fait mardi sa première apparition publique depuis le début de la campagne présidentielle. Il était 15h43 lorsque le chef de l’État a franchi les grilles du stade Lamido Yaya Daïrou de Maroua, dans l’Extrême-Nord, sous les acclamations d’un public acquis à sa cause et aux couleurs du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).
Un bain de foule attendu après des mois de silence
Entouré de plusieurs membres du gouvernement et de cadres du parti, le président-candidat a été accueilli par le maire de Maroua, Sani Babani, qui a dressé un bilan élogieux de ses réalisations dans la région. Il a notamment cité la couverture santé universelle, dont bénéficieraient déjà 5 000 personnes, et l’Université de Maroua, créée il y a 17 ans, qui accueille désormais plus de 6 000 étudiants étrangers.
« La ville de Maroua est transformée par le septennat des grandes opportunités », a déclaré le maire, appelant la population à “s’engager dans le septennat des grandes espérances”.
Un bastion électoral clé pour le RDPC
Avec plus de trois millions d’habitants, l’Extrême-Nord demeure la région la plus peuplée du Cameroun. Souvent présentée comme la “fille aînée du président Biya”, elle représente un enjeu électoral majeur pour le parti au pouvoir.
Le ministre Zacharie Pérévet n’a pas caché sa confiance :
« Ne vous en faites pas, nous maîtrisons la situation. Nous aimons notre président. Il a l’expérience et un bilan. Que voulez-vous de plus ? »
Paul Biya, lui, a tenu à saluer la loyauté de la région :
« Je connais votre fidélité. Je me sens fier parmi vous. Vous connaissez ma sensibilité aux problèmes auxquels vous êtes confrontés », a-t-il déclaré devant des milliers de sympathisants.
Un retour chargé de symboles
Cette première sortie publique met fin à plusieurs mois de spéculations sur l’état de santé du président, âgé de 92 ans, dont les absences répétées avaient alimenté les rumeurs. Ces dernières semaines, des effigies géantes du couple présidentiel avaient d’ailleurs remplacé sa présence lors des meetings du RDPC.
Le choix de Maroua n’est pas anodin. Ville stratégique du Grand Nord, elle a été l’un des épicentres de la lutte contre Boko Haram et reste marquée par les défis économiques et sécuritaires de la région. En s’y rendant, Paul Biya entend réaffirmer son attachement à une population qui lui est restée fidèle malgré les épreuves.
Des promesses pour le Grand Nord et au-delà
Le candidat du RDPC a profité de cette étape pour détailler les priorités de son programme, axées sur l’éducation, l’emploi et les infrastructures. Il a notamment annoncé la reconstruction de la route Garoua–Ngaoundéré–Bertoua, ainsi que la construction de barrages hydroélectriques et de centrales solaires dans le septentrion.
« Nous allons professionnaliser les enseignements pour mieux les adapter au marché de l’emploi », a-t-il promis, évoquant aussi des investissements dans l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et le numérique.
Prochaines étapes : Bertoua et Douala
Après Maroua, le président-candidat doit se rendre à Bertoua (Est) puis à Douala (Littoral) avant le scrutin du 12 octobre. Cette tournée éclair vise à mobiliser les bastions traditionnels du RDPC et à rassurer les électeurs sur la présence du président sortant sur le terrain.
Une campagne sous haute surveillance
Cette première apparition relance une campagne jusque-là discrète, marquée par l’absence physique du chef de l’État. À quelques jours du vote, Paul Biya cherche à rassurer son électorat et à consolider son image de stabilité, dans un contexte où la succession à la tête de l’État reste une question sensible.
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