
Au Mali, la lutte contre les fonctionnaires dits fictifs s’est transformée en véritable polémique nationale. L’opération lancée par les autorités a révélé l’existence supposée de plus de 36.000 agents indûment inscrits sur les registres de la fonction publique, avec pour objectif de réduire la masse salariale et les dépenses publiques. Une annonce qui a d’abord été saluée comme un pas décisif vers une meilleure gouvernance.
Mais sur le terrain, les conséquences sont loin d’être maîtrisées. De nombreux fonctionnaires affirment avoir été injustement radiés et privés de leurs salaires depuis plusieurs mois. Enseignants, agents de santé et personnels administratifs dénoncent une opération menée à la hâte, sans vérifications suffisantes, et qui les plonge aujourd’hui dans une précarité inquiétante.
Face au tollé, les autorités maliennes reconnaissent des dysfonctionnements et promettent de réexaminer les cas litigieux. Reste à savoir s’il s’agit d’une simple défaillance technique ou d’erreurs humaines plus graves. Dans un contexte socio-économique déjà tendu, ce scandale risque de fragiliser davantage la confiance entre l’administration et ses agents.
Par Komi ABLE


