
La capitale malgache, Antananarivo, ainsi que plusieurs grandes villes du pays, ont été le théâtre de manifestations d’une rare intensité ce jeudi. Des milliers d’habitants, exaspérés par les coupures répétées d’électricité et d’eau, sont descendus dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol face à une situation devenue insoutenable. Des slogans de colère ont fusé, dénonçant la précarité du quotidien et l’incapacité des autorités à apporter des solutions durables.
La contestation a rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. La police a eu recours aux gaz lacrymogènes et à des tirs de sommation pour disperser la foule. Plusieurs blessés ont été recensés, et des arrestations opérées, alors que des barricades et des incendies urbains ont paralysé certains quartiers. Les manifestants accusent le gouvernement de négligence et de mépris face aux souffrances de la population.
En réaction, les autorités ont annoncé un couvre-feu nocturne à Antananarivo et dans d’autres grandes villes du pays. Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de « préserver l’ordre public et la sécurité des citoyens ». Mais cette décision pourrait raviver les tensions, dans un contexte de crise sociale profonde où les pénuries d’eau et d’électricité ne cessent d’alimenter la colère populaire.
Par Komi ABLE


