
À quelques mois de la présidentielle au Cameroun, l’ombre de Paul Biya continue de planer sur la scène politique. En poste depuis plus de quarante ans, le chef de l’État, âgé de 92 ans, demeure officiellement le candidat naturel du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Pourtant, dans les coulisses, les interrogations sur sa succession alimentent tensions et calculs stratégiques.
Au sein du parti au pouvoir, plusieurs clans s’observent et se livrent une guerre sourde pour préparer « l’après-Biya ». Ministres influents, figures du sérail et proches collaborateurs cherchent à se positionner sans heurter l’équilibre fragile entretenu par le président. Cette rivalité feutrée s’exprime à travers des alliances changeantes, des manœuvres discrètes et des luttes d’influence jusque dans les hautes sphères de l’armée et de l’administration.
Pendant ce temps, l’opposition tente de tirer parti de ces fractures internes, bien que son unité reste précaire face à un système politique verrouillé. Si Paul Biya venait à briguer un nouveau mandat, il bénéficierait encore des leviers institutionnels de l’État. Mais l’incertitude sur sa santé et sa capacité à mener campagne nourrit l’idée que la prochaine présidentielle pourrait marquer un tournant historique pour le Cameroun.
Par Komi ABLE


