
En Guinée, plus de 6 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche pour un référendum constitutionnel, quatre ans après le coup d’État militaire qui a renversé l’ex-président Alpha Condé. Cette consultation, censée marquer une étape décisive vers le retour à l’ordre constitutionnel, se déroule dans un climat de méfiance et de crispation politique.
Le texte soumis au vote prévoit notamment une réorganisation des institutions, une limitation du mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois, ainsi que des dispositions renforçant les pouvoirs du Parlement. Pour la junte au pouvoir, ce projet incarne la volonté de rompre avec les dérives autoritaires du passé et de poser les bases d’une nouvelle ère démocratique.
Mais sur le terrain, les doutes persistent. Plusieurs partis politiques d’opposition et organisations de la société civile ont dénoncé une « manœuvre » visant à légitimer le maintien de l’armée au cœur du pouvoir. Des appels au boycott ont été lancés, tandis que des incidents isolés ont été signalés dans certaines localités, alimentant la crainte d’un scrutin entaché de contestations.
La Commission électorale assure de son côté que le processus se déroule dans des conditions « transparentes et inclusives », malgré les retards logistiques et les tensions relevées dans certains bureaux de vote. Les résultats provisoires sont attendus dans les prochains jours, mais déjà, l’enjeu dépasse le simple cadre d’une réforme institutionnelle.
Car au-delà du référendum, c’est l’avenir même de la transition guinéenne qui se joue. Le pays, toujours marqué par des fragilités économiques et sociales profondes, reste suspendu à la capacité de ses dirigeants à tenir la promesse d’un retour à un pouvoir civil crédible et accepté par tous.
Par Komi ABLE


