
La décision du Préfet et du Sous-Préfet de Mbour d’autoriser des groupes non mandingues à pratiquer le rite du Kankourang suscite une vive indignation au sein de la communauté mandingue. Le collectif Fanimba parle d’un « acte grave de dénaturation culturelle » et appelle au retrait immédiat de l’arrêté.
Le Kankourang, un patrimoine sacré et protégé
Le Kankourang n’est pas une simple manifestation folklorique. Il s’agit d’une institution initiatique, transmise de génération en génération par les gardiens légitimes de la tradition mandingue. À Mbour, cette pratique est présente depuis plus d’un siècle et demeure un repère culturel et identitaire fort.
Reconnu depuis 2008 comme Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO, le Kankourang bénéficie d’une protection internationale. Cette reconnaissance impose au Sénégal, signataire de la Convention de 2003 sur le patrimoine immatériel, de veiller à la sauvegarde et à l’intégrité de ce rite.
Une décision jugée “illégitime et dangereuse”
Dans un communiqué, le collectif Fanimba dénonce une décision « arbitraire » des autorités locales qui, selon lui, viole à la fois le droit coutumier et les engagements internationaux du Sénégal.
« Le Kankourang n’est pas une mascarade, encore moins un spectacle ouvert à tous. Autoriser des personnes étrangères à cette tradition à le pratiquer revient à trahir la mémoire de nos ancêtres et à menacer l’avenir de notre culture », déclare le groupe.
Le collectif souligne également que cette autorisation contrevient :
- à la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) ;
- aux dispositions nationales protégeant les rites traditionnels et les coutumes des communautés.
Trois revendications principales
Face à cette situation, les représentants mandingues exigent :
- Le retrait immédiat de l’arrêté contesté ;
- L’ouverture d’un cadre de dialogue entre les autorités et la communauté mandingue ;
- Le respect strict des engagements du Sénégal vis-à-vis de l’UNESCO.
Une affaire à portée nationale
Au-delà de la communauté mandingue, cette controverse interroge la manière dont le Sénégal protège la diversité de ses patrimoines culturels. « Si notre culture est bafouée aujourd’hui, c’est toute la diversité culturelle du pays qui est en danger demain », avertit le collectif Fanimba.
Pour l’heure, le Préfet et le Sous-Préfet de Mbour n’ont pas encore réagi publiquement aux critiques. Mais la tension reste vive et pourrait ouvrir un débat national sur la gestion et la sauvegarde des traditions.
Par Oumy Thiare



1 Commentaire
Je suis désolé que de voir que le préfet et ses services en arrivent là, la culture doit être régulée