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Inondations et incivisme : quand la République appelle ses enfants

Chronique du Professeur Alioune Badara Ndiaye

Chaque saison des pluies révèle la même scène : rues submergées, maisons inondées, familles désespérées. Mais au-delà du ciel et de ses nuages, une vérité s’impose : nos propres comportements aggravent la situation. Et sans un sursaut citoyen, les efforts de l’État resteront vains.

La pluie n’est pas coupable

Chaque année, nous accusons le ciel. Pourtant, la pluie ne fait que tomber. Elle n’est ni criminelle ni imprévisible. Le vrai drame se cache ailleurs : dans nos gestes quotidiens.
Les ordures jetées dans les canalisations, les plastiques abandonnés dans les rues, les dépotoirs improvisés au coin des quartiers… Ce sont eux qui bouchent, bloquent, étouffent. Et lorsque l’eau ne trouve plus de passage, elle envahit nos maisons.

L’État face au miroir de l’incivisme

La tentation est grande d’accuser l’État, de réclamer toujours plus de milliards pour des ouvrages d’assainissement. Mais posons-nous la question : à quoi sert un canal si nous le transformons en poubelle ? Que vaut une infrastructure si, par nos comportements, nous la condamnons à l’échec ?

Oui, l’État doit investir. Mais sans citoyens responsables, ses efforts resteront comme des digues de sable face à l’océan.

La République, c’est nous

Nous manquons cruellement de culture du bien commun. La République ne se limite pas à un président, un gouvernement ou une mairie. Elle vit à travers chacun de nous. Elle se mesure dans notre capacité à respecter ce qui appartient à tous. Elle s’incarne dans un citoyen qui ne détruit pas, qui protège, qui pense collectif avant de penser individuel.

Le sursaut nécessaire

Il est temps d’un sursaut. Apprenons à protéger nos rues comme nous protégeons nos maisons, à respecter les canalisations comme nous respectons nos chambres. Voyons dans l’espace public le prolongement de notre espace intime.

Aujourd’hui, je détruis parce que “tali bour la”. Mais demain, je veux que tout soit parfait. Cette contradiction est insoutenable. La République nous appelle : répondrons-nous présents ?

Bonne lecture.
À lundi, incha Allah.

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