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Justice paralysée, peuple pénalisé : il est temps de dialoguer

Chronique de maître Alioune Sy

Depuis plusieurs semaines, le secteur de la justice au Sénégal est en panne. Une grève persistante des travailleurs de la justice, en particulier des greffiers, plonge notre pays dans une situation alarmante. Le silence des audiences, les bureaux verrouillés, les jugements en suspens : tout indique une paralysie dont les conséquences vont bien au-delà des couloirs des tribunaux.

Une paralysie qui pénalise les citoyens

Le premier impact est clair : le ralentissement drastique du service public judiciaire. Dossiers gelés, casiers judiciaires indisponibles, affaires non jugées… chaque jour qui passe voit s’accumuler les souffrances silencieuses de citoyens privés de justice.

Le blocage touche aussi l’économie. Les registres de commerce étant inaccessibles, des entrepreneurs restent bloqués, des investissements suspendus. Le dynamisme de notre tissu économique est en danger, alors même que notre pays cherche à séduire les partenaires étrangers.

Et que dire de ces citoyens en détention provisoire, privés de perspective de procès, maintenus dans une attente indéfinie et injuste ? Leur situation soulève des interrogations fondamentales sur nos principes de droit et de dignité humaine.

Une image écornée, une confiance effritée

Au-delà des murs du tribunal, c’est l’image du Sénégal qui se dégrade. Nos partenaires, nos investisseurs, nos voisins observent une institution judiciaire bloquée, et s’inquiètent à juste titre. La justice, socle de l’État de droit, ne peut vaciller sans conséquences graves.

En interne, c’est la confiance des citoyens qui s’effrite. Lorsqu’un justiciable ne peut obtenir gain de cause, lorsqu’un parent ne peut enregistrer la naissance de son enfant, c’est le pacte républicain lui-même qui s’effondre. À force de retarder les actes, on finit par remettre en cause les principes.

Appel à la responsabilité et au dialogue

Je lance ici un appel à la responsabilité de tous.

Au gouvernement, d’abord. Entendre les cris de détresse ne suffit plus. Il faut écouter. Il faut parler. Car toute crise, aussi profonde soit-elle, mérite une main tendue. L’histoire enseigne que même les adversaires d’un conflit armé finissent par s’asseoir autour d’une table. La République, fondée sur le droit et le dialogue, ne peut faire moins.

Aux greffiers, ensuite. Votre droit de grève est garanti par la Constitution. Votre combat mérite d’être entendu. Mais dans toute lutte, il y a une exigence de mesure. Il est possible de revendiquer dans le respect du service public. Assurer le strict minimum, notamment pour les actes urgents, serait non seulement un signal fort de votre professionnalisme, mais aussi un acte citoyen.

Le Sénégal ne peut pas rester bloqué

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de céder ou de dominer. Il ne s’agit pas de gagner contre l’autre. Il s’agit d’agir pour.
Pour la justice.
Pour le peuple.
Pour le Sénégal.

Le temps des crispations doit laisser place à celui du dialogue. Le moment est venu de construire ensemble des solutions durables, loin des slogans et des rapports de force.

Car une justice qui s’arrête, c’est une nation qui vacille.

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