
Le tribunal de grande instance de N’Djamena a prononcé ce mardi l’acquittement du journaliste Olivier Monodji, directeur de publication du journal Le Pays et correspondant de RFI, ainsi que de cinq autres co-accusés. Ils étaient poursuivis pour des faits graves : « intelligence avec des agents d’une puissance étrangère », en lien avec la Russie.
Arrêté le 5 mars dernier, Olivier Monodji encourait une peine de deux ans de prison ferme, selon les réquisitions du parquet. Mais à l’issue d’une audience brève, le président de la cour a estimé que les charges n’étaient pas suffisamment étayées et a décidé de relâcher les six prévenus.
« Les juges ont dit qu’il y a un doute, alors que pour nous, sa non-culpabilité ne fait l’ombre d’aucun doute », a déclaré Me Alain Ndilyam, avocat de la défense. Ce dernier a néanmoins annoncé son intention de faire appel, non pour contester l’acquittement, mais pour remettre en question la formulation du jugement, qui évoque un doute plutôt qu’une innocence claire.
Un septième accusé, également journaliste, demeure introuvable et n’a pas été mentionné dans la décision du tribunal.
Olivier Monodji devrait recouvrer sa liberté dans la soirée, après un dernier passage à la maison d’arrêt de Klessoum, en vue des formalités administratives.
Cette affaire avait suscité une vague d’inquiétude au sein des milieux journalistiques et de la société civile, dénonçant une dérive sécuritaire et une tentative d’intimidation contre la liberté de la presse au Tchad.
Par Komi ABLE


