
Tidjane Thiam, ancien patron du Crédit Suisse, a officiellement retrouvé la présidence du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à l’issue d’un congrès électif organisé récemment. Cette réélection intervient après une démission-surprise en raison de ce qu’il a qualifié de « harcèlement judiciaire ».
Élu une première fois en décembre dernier pour succéder à l’ex-chef de l’État Henri Konan Bédié, décédé en 2023, Thiam avait suscité un espoir de renouveau au sein de la formation historique ivoirienne. Mais sa double nationalité, notamment française, avait alimenté une polémique sur sa légitimité, notamment au regard des exigences de souveraineté interne du parti.
Afin de lever toute ambiguïté, Tidjane Thiam a officiellement renoncé à sa nationalité française, se déclarant désormais « 100 % Ivoirien » devant les délégués du parti. Sa candidature unique lors du scrutin organisé à la suite de sa démission a abouti à une réélection quasi unanime, avec 99,77 % des voix exprimées.
Pourtant, cette réélection ne fait pas l’unanimité. Une militante du PDCI a introduit un recours en contestation devant la justice, mettant en doute la régularité de la procédure électorale. Une audience est prévue dans les prochains jours, alimentant les incertitudes sur la stabilité interne du parti.
Malgré cette tension, Tidjane Thiam semble déterminé à poursuivre son projet de modernisation du PDCI en vue des élections présidentielles de 2025. Il devra toutefois faire face à une frange du parti encore sceptique quant à son leadership et à ses intentions réelles.
Contacté par nos soins, le camp Thiam n’a pas souhaité commenter la procédure judiciaire en cours.
Par Komi ABLE


