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Sénégal : Le prix du cajou atteint 700 FCFA/kg – Une aubaine pour les producteurs, un casse-tête pour les transformateurs

Pour la première fois, le kilogramme de noix de cajou atteint 700 FCFA au Sénégal. Si cette flambée des prix réjouit les producteurs, elle met en grande difficulté les transformateurs locaux, qui peinent à s’approvisionner à des tarifs abordables. Ce déséquilibre menace tout un pan de la filière anacarde sénégalaise.

Une disparité régionale criante

Comparé aux pays voisins, le prix sénégalais est nettement plus élevé : 385 FCFA/kg au Burkina Faso, 390 FCFA/kg au Mali et 425 FCFA/kg en Côte d’Ivoire. Une différence qui rend les transformateurs sénégalais nettement moins compétitifs sur le marché sous-régional, où les marges sont déjà serrées.

Le secteur de la transformation en péril

Déjà fragilisée, la transformation locale ne concerne aujourd’hui que 3 % des noix produites dans le pays. La hausse du prix du cajou aggrave la situation. À Kolda, ce 6 mai , les acteurs de la filière ont tiré la sonnette d’alarme lors d’une rencontre de crise. Difficultés d’accès au financement, prix de la matière première jugés prohibitifs, menaces sur l’emploi : la liste des préoccupations est longue.

« C’est la deuxième année de disette que nous vivons », déplore Elimane Dramé, transformateur basé à Ziguinchor. « Des entreprises sont en train de fermer, occasionnant des pertes d’emplois », alerte-t-il. Même son de cloche du côté de Xavier Diatta, également transformateur dans la région : « En exportant l’anacarde brute, nous exportons nos emplois. »

L’appel à l’État : réguler et soutenir

Face à cette crise, les professionnels de la filière réclament des politiques publiques plus équilibrées. Une taxation de 32 FCFA/kg sur les exportations de noix brutes a été mise en place pour la campagne 2025, mais son efficacité reste encore à démontrer.

Les transformateurs appellent à une régulation plus stricte du marché et à un encadrement des prix. Ils souhaitent également un accès facilité au crédit et des mécanismes de soutien financier pour permettre à la transformation locale de se développer.

Un enjeu pour l’économie locale

Au-delà des tensions entre producteurs et transformateurs, c’est toute la durabilité de la filière anacarde qui est en jeu. Sans une action rapide et coordonnée, le Sénégal risque de voir s’effondrer un secteur capable de générer des milliers d’emplois et de créer une véritable valeur ajoutée sur le territoire.

1 Commentaire

  • Ousmane DIEDHIOU

    Les producteurs sont restés longtemps dans la souffrance de voir qu’ ils ne bénéficient pas en réalité du fruit de leurs efforts
    Il est temps qu’ ils jouissent de leur travail

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