
L’annonce de la radiation de Tidjane Thiam de la liste des candidats à la présidentielle de 2025 continue de susciter une vive polémique. Officiellement écarté pour des raisons de nationalité, le président du PDCI et ex-patron du Crédit Suisse, récemment déchu de sa double nationalité, se retrouve dans une situation d’apatridie, une décision que de nombreux observateurs jugent aussi incompréhensible que dangereuse.
Pour Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, cette exclusion marque un tournant inquiétant : « Tidjane Thiam est un des candidats les plus susceptibles d’être élu, si les élections sont honnêtes », affirme-t-il, dénonçant une volonté manifeste du pouvoir d’écarter les figures les plus compétitives de la course.
Dans une déclaration au ton grave, l’intellectuel sénégalais tire un parallèle historique : « Il faut subir à Tidjane Thiam le même sort qu’il a subi dans les années 90-2000 », rappelant qu’à cette époque déjà, l’homme politique avait été empêché de se présenter, sous un prétexte similaire. Il évoque une répétition historique inquiétante, cette fois-ci orchestrée, selon lui, par le régime d’Alassane Ouattara.
Alors que le PDCI crie à l’injustice et promet de contester cette décision, des voix s’élèvent pour alerter sur un recul démocratique et un affaiblissement de la crédibilité du processus électoral ivoirien à un an du scrutin présidentiel. La scène politique ivoirienne entre dans une zone de turbulences, avec un climat de méfiance grandissant et des enjeux de plus en plus lourds.
Par Komi ABLE


