
La grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara par le chef de la junte, le général Mamadi Doumbouya, continue de provoquer une vague d’indignation en Guinée. L’ancien président et ex-dirigeant du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), condamné en avril 2024 à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009, a bénéficié d’une remise de peine le 28 mars dernier.
Cette décision suscite des critiques virulentes au sein de la classe politique et de la société civile, qui dénoncent une atteinte à la justice et un dangereux précédent pour la lutte contre l’impunité en Guinée. « Cette grâce est une trahison pour les victimes et leurs familles », a déclaré un avocat des parties civiles, rappelant que le procès du massacre du stade de Conakry avait été un tournant historique pour le pays.
De nombreux citoyens ont manifesté leur mécontentement, craignant que cette mesure ne remette en cause les efforts de réconciliation nationale et de justice. De son côté, le gouvernement justifie cette grâce par des motifs humanitaires, sans convaincre les détracteurs de cette décision.
Alors que la contestation s’amplifie, la Guinée se retrouve à nouveau confrontée à la question de l’impunité et du respect des engagements en matière de justice transitionnelle.
Par Komi ABLE


