
Une mission politique de haut niveau dépêchée par la CEDEAO et l’ONU pour faciliter un consensus autour des élections générales de 2025 en Guinée-Bissau a quitté le pays de manière anticipée après des tensions avec le président Umaro Sissoco Embaló.
Arrivée le 21 février 2025, cette mission avait pour objectif d’accompagner les acteurs politiques bissau-guinéens dans l’élaboration d’une feuille de route consensuelle pour des élections inclusives et pacifiques. Cependant, son départ précipité, avant la fin prévue le 28 février, fait suite à des menaces d’expulsion de la part du président Embaló.
Le chef de l’État, dont le mandat est contesté par une partie de l’opposition, a exprimé son mécontentement face à l’intervention des médiateurs internationaux. Selon certaines sources, les tensions ont atteint un point critique lorsque la mission a insisté sur la nécessité d’un dialogue plus inclusif avant l’organisation du scrutin.
Le cœur de la crise politique actuelle en Guinée-Bissau réside dans une divergence d’interprétation sur la fin du mandat du président Embaló. Élu en 2019 et ayant pris officiellement ses fonctions en février 2020, son mandat, selon l’opposition, aurait dû s’achever récemment. Toutefois, la Cour suprême a statué que son terme est fixé au 4 septembre 2025.
Face à cette polémique, le chef de l’État a annoncé la tenue des élections présidentielle et législatives pour le 30 novembre 2025. Une décision que ses opposants jugent unilatérale, demandant un cadre de concertation plus large sous l’égide des organisations internationales.
Dans un communiqué publié après le départ forcé de sa mission, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation politique en Guinée-Bissau. L’organisation régionale appelle à la retenue et exhorte toutes les parties prenantes à privilégier le dialogue pour garantir la stabilité du pays.
De son côté, l’ONU suit de près l’évolution de la situation. Plusieurs observateurs craignent que cette crise institutionnelle n’entraîne une nouvelle période d’instabilité dans un pays déjà marqué par des décennies de troubles politiques et de coups d’État.
La Guinée-Bissau, régulièrement secouée par des tensions politiques et militaires, fait face à un véritable test démocratique. Le départ précipité de la mission de la CEDEAO et de l’ONU met en évidence la fragilité du consensus politique et le risque d’un glissement vers une confrontation plus grave.
L’avenir des élections générales de 2025 reste incertain. Si les autorités bissau-guinéennes maintiennent le calendrier électoral sans accord politique global, le pays pourrait s’exposer à une nouvelle crise aux conséquences imprévisibles.
Les partenaires internationaux restent mobilisés, mais leur marge de manœuvre semble réduite face à la fermeté du président Embaló. L’issue de cette impasse dépendra donc de la volonté des acteurs politiques locaux à surmonter leurs différends pour assurer une transition démocratique apaisée.
Par Komi ABLE


