
Plusieurs années après l’apparition de la “maladie des pêcheurs”, qui avait frappé des centaines de travailleurs en 2020 et 2021, les autorités sénégalaises et les scientifiques multiplient les efforts pour informer et sensibiliser les populations concernées.
Les premières apparitions de cette mystérieuse affection avaient provoqué une véritable psychose parmi les pêcheurs et leurs familles. Après avoir exercé leur activité en mer, plusieurs d’entre eux avaient développé des lésions cutanées, des éruptions cutanées douloureuses et des démangeaisons intenses.
Face à l’incompréhension, des hypothèses alarmistes avaient circulé, évoquant une possible contamination chimique ou une maladie infectieuse inconnue. Il aura fallu plusieurs mois d’analyses pour identifier la cause de ces symptômes.
Des chercheurs sénégalais et internationaux ont finalement établi que la maladie était liée à une algue toxique présente dans certaines eaux côtières. En raison des conditions climatiques et des changements environnementaux, ces micro-organismes marins ont proliféré, entraînant des réactions cutanées au contact des pêcheurs.
Si la maladie n’était ni contagieuse ni mortelle, son apparition a néanmoins perturbé l’activité de nombreux professionnels et soulevé des interrogations sur la gestion environnementale des côtes sénégalaises.Désormais, la priorité des autorités est de prévenir une nouvelle vague d’inquiétude en informant directement les populations concernées.
C’est dans ce cadre que des ateliers de sensibilisation sont organisés dans les principales zones de pêche du pays, notamment à Saint-Louis, Kayar et Mbour.Ces sessions, animées par des experts en santé publique et des scientifiques, visent à expliquer aux pêcheurs les causes exactes de la maladie, les mesures de prévention et l’importance du respect des zones de pêche sécurisées.
Selon le ministère de la Santé, ces rencontres permettront également d’identifier d’éventuels nouveaux cas et de renforcer la surveillance environnementale pour éviter une recrudescence du phénomène.
Par Komi ABLE


