
Alors que le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) poursuit sa mobilisation pour réclamer l’application de l’indemnité de retraite, une crise plus profonde frappe l’enseignement supérieur sénégalais : le délabrement des infrastructures universitaires.
Depuis plus d’une décennie, les universités publiques sénégalaises font face à des conditions d’enseignement alarmantes. Des salles de cours surchargées, un déficit criant de laboratoires, des amphithéâtres vétustes et un manque d’équipements pédagogiques rendent la formation de milliers d’étudiants particulièrement difficile.
Les chevauchements des années universitaires sont devenus la norme, perturbant gravement la progression des étudiants. “Nous sommes en 2025, mais certains étudiants suivent encore des cours de l’année académique 2022-2023. C’est une catastrophe”, déplore un enseignant de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
La situation est encore plus dramatique dans certaines régions, notamment à Kolda, où le Centre universitaire, censé offrir une éducation de proximité aux étudiants du Fouladou, est toujours en chantier depuis plus de 10 ans.
Malgré les promesses répétées des autorités, les travaux n’ont jamais été achevés, forçant les étudiants à poursuivre leurs études dans des conditions précaires.Un étudiant en sciences sociales témoigne : “Nous suivons nos cours dans des salles exiguës, parfois dans des bâtiments qui ne sont même pas destinés à l’enseignement.
Nous sommes fatigués d’attendre l’ouverture de notre propre campus.”Face à cette situation, le SAES ne compte pas rester silencieux. En plus de sa revendication sur l’indemnité de retraite, le syndicat exige un audit des infrastructures universitaires et un plan d’urgence pour achever les chantiers en souffrance.
“Il est inadmissible que des étudiants et enseignants travaillent dans de telles conditions alors que des fonds ont été alloués pour la construction des infrastructures”, a déclaré un représentant du SAES lors d’une conférence de presse.
Le ministère de l’Enseignement supérieur a promis de prendre des mesures, mais pour les acteurs du secteur, les promesses ne suffisent plus. Seule une volonté politique forte et des actions concrètes pourront sauver l’université sénégalaise du marasme actuel.
Par Komi ABLE


