
Les principales centrales syndicales du Sénégal se sont réunies en assemblée générale ce vendredi pour exprimer leur profonde inquiétude face à la détérioration des relations de travail et aux violations répétées des lois régissant le secteur. Elles ont notamment mis en lumière les licenciements massifs et abusifs de travailleurs dans diverses entreprises et services de l’État.
Fermetures d’entreprises : Les syndicats pointent du doigt la concurrence déloyale des importations de produits étrangers, qui conduit à la fermeture de nombreuses entreprises locales. Cette situation entraîne une perte significative d’emplois et fragilise davantage l’économie nationale.
Dette intérieure non soldée : Le refus de l’État de régler la dette intérieure due aux entreprises est également critiqué. Ce manquement compromet la trésorerie des entreprises locales, les poussant parfois à réduire leurs effectifs ou à cesser leurs activités.
Retards de paiement des salaires : La passivité de l’administration face aux retards de paiement des salaires est dénoncée, plongeant des milliers de travailleurs et leurs familles dans une précarité croissante.Les centrales syndicales, sous la houlette de Mody Guiro, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), interpellent les plus hautes autorités du pays.
Elles exigent une reprise en main de la situation pour instaurer une gouvernance des relations professionnelles apaisée et respectueuse des droits des travailleurs. Les syndicats soulignent que l’impasse des négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux dans divers secteurs, tels que l’éducation, la santé, la justice et les transports, aggrave la crise sociale actuelle.
Face à la gravité de la situation, les centrales syndicales envisagent de renforcer leur unité en mettant en place un Front syndical de défense du travail. Ce nouveau cadre de lutte vise à fédérer l’ensemble des forces syndicales pour peser davantage dans les négociations et obtenir des solutions concrètes aux problèmes soulevés.
Les syndicats appellent également à une mobilisation générale, avec un grand rassemblement prévu prochainement, pour sensibiliser l’opinion publique et les décideurs sur l’urgence d’agir face à cette crise sociale sans précédent.
Par Komi ABLE


