
Entre 2017 et 2024, le régime de Macky Sall a annoncé à sept reprises, lors des conseils des ministres, la construction ou la réhabilitation du pont Emile Badiane de Ziguinchor. À cela s’ajoutent plusieurs déclarations faites lors de ses tournées politiques en Casamance entre 2012 et 2019.
Pourtant, malgré ces engagements répétés, les travaux n’ont jamais réellement avancé, laissant la population de Ziguinchor dans l’attente d’une infrastructure pourtant cruciale pour le développement régional.
Le pont Emile Badiane, qui enjambe le fleuve Casamance, est un élément clé du réseau routier sénégalais. Il relie Ziguinchor aux autres régions du pays et facilite les échanges commerciaux ainsi que la mobilité des populations.
Cependant, son état actuel suscite de vives inquiétudes. Construit depuis plusieurs décennies, il montre des signes de vétusté, augmentant les risques d’accidents et d’effondrement.
Les différentes promesses du gouvernement précédent visaient à moderniser cette infrastructure essentielle, mais elles sont restées sans suite. Les habitants de la Casamance dénoncent un manque d’engagement réel de l’État, une situation qui freine le développement économique de la région et limite son désenclavement.
Lors de sa récente visite à Ziguinchor à l’occasion du Gamou de Nfansou Bodian, le président Bassirou Diomaye Faye a été interpellé sur cette problématique. Pour de nombreux habitants, son arrivée au pouvoir représente un nouvel espoir de voir enfin ce projet aboutir.
Si le nouveau chef de l’État veut marquer une rupture avec l’ancienne administration, la concrétisation de cette promesse pourrait être un premier test de sa volonté de répondre aux attentes des populations locales. Il lui reviendra de faire un état des lieux précis des blocages qui ont entravé la réalisation du projet et de mettre en place un calendrier clair pour sa mise en œuvre effective.
Le cas du pont Emile Badiane est emblématique des défis liés aux infrastructures au Sénégal. De nombreux projets annoncés par les précédents gouvernements n’ont jamais vu le jour, ou ont été retardés faute de financement, de volonté politique ou de mauvaise gestion.
Pour Bassirou Diomaye Faye, honorer cette promesse pourrait non seulement renforcer sa crédibilité, mais aussi redonner confiance aux populations de la Casamance, longtemps marginalisées en termes d’investissements publics.
Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement. Une feuille de route détaillée, un financement transparent et une volonté politique affirmée seront nécessaires pour que le pont Emile Badiane devienne une réalité.
Les habitants de Ziguinchor, fatigués des promesses non tenues, attendent des actes concrets de la part du nouveau pouvoir.
Par Komi ABLE



1 Commentaire
Merci beaucoup pour votre pertinent texte. En tant que fils de cette région, je suis très content de savoir que d’autres choses portent ce combat. En plus je suis le Président du collectif pour la reconstruction du pont Émile Badiane et du développement de la Casamance, et nous avons toujours lutté pour que ce pont soit reconstruit. Et cela depuis 2019. Jusque là rien n’a été fait. Espérons que son Excellence le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye réalisera cette infrastructure tant rêvée par la population avant que l’irréparable ne se reproduise. Merci du fond du cœur pour cet article.