
Les chiffres récemment révélés sur la gestion des chantiers navals de Dakar ont provoqué un tollé au Sénégal. En 2024, ces infrastructures ont généré un chiffre d’affaires de 20 milliards de FCFA, mais l’État sénégalais, via la Société des infrastructures de réparation navale (Sirn), n’a touché qu’une infime part de cette somme : seulement 1%, soit 200 millions de FCFA.
Cette disproportion flagrante relance le débat sur la souveraineté économique du pays et le déséquilibre du contrat liant le Sénégal à Lisnave, l’opérateur portugais qui gère Dakarnave.
Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent pour dénoncer les conditions défavorables du contrat entre l’État sénégalais et Lisnave, qui exploite Dakarnave avec un avantage financier évident.
Le journal Libération alerte régulièrement sur la marginalisation des intérêts sénégalais, affirmant que ce partenariat semble conçu pour favoriser les profits de Lisnave aux dépens du Sénégal.
Malgré des bénéfices considérables réalisés sur place, la contribution de l’État reste dérisoire.Cette situation ravive les discussions sur l’indépendance économique du pays, notamment en ce qui concerne l’exploitation de ses ressources stratégiques par des entreprises étrangères.
Comment un secteur aussi lucratif peut-il rapporter si peu à l’État ?
Pourquoi le Sénégal ne cherche-t-il pas à renégocier ce contrat jugé inéquitable ?
Autant de questions que les autorités devront trancher si elles souhaitent garantir une meilleure redistribution des richesses issues des infrastructures stratégiques du pays.
Par Komi ABLE


