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Un officier supérieur des forces armées radié pour son empathie pour Ousmane SONKO

Le parcours d’un brillant officier des Forces armées sénégalaises. Par son camarade de promo P. DIEME, pour la postérité nationale

De qui s’agit-il ?

Qui est ce haut cadre militaire radié par le chef suprême des Armées ?

Brillant officier supérieur, étudiant de haute valeur, adolescent d’une rare candeur sont les qualificatifs qui me viennent aisément à l’esprit quand je pense à la carrière militaire exceptionnelle de ce grand homme.

En réalité, ce n’est que le fruit d’une ascension naturelle que ce digne fils de la Casamance, fièrement enraciné à ses vertus traditionnelles, a su réaliser. En plus de ses qualités physiques et intellectuelles, il est connu pour sa dimension humaine du commandement et pour ses valeurs intrinsèques certainement inculquées par sa défunte maman, une diola catholique à qui il s’identifie. Tribute to you, our dear mama.

Ce distingué officier des cadres supérieurs de l’armée a toujours été une des plus grandes références des jeunes de la région sud pour d’une part son cursus exemplaire, mais aussi et surtout pour sa vision et ses actions sociales.

On est même tenté de se demander si l’on ne radie pas que les cadres exemplaires ?

En effet, après de brillantes études moyennes et secondaires, il est sorti major avec mention au baccalauréat de 2004. Son professeur d’anglais d’alors, devenu une forte personnalité publique, se souviendra certainement de son brillant élève qui était le chairman du English club du lycée Aline Sitoé DIATTA d’Oussouye pendant deux ans (de 2002 à 2004).

Ainsi, est-il par la suite orienté à l’université Gaston Berger où il poursuit ses études universitaires en sociologie, Sanar15. C’est au sein de ce temple du savoir que j’ai eu la chance de faire la connaissance de ce Lion (ESSAMAY). Un surnom qui lui colle bien à la peau comme bien d’autres, tant l’Homme est grand et multidimensionnel. Aussi, l’appelions-nous tantôt DROGBA, tantôt CHAIRMAN pour ses talents au football et en anglais.

Le « Berger Gaston » n’a pu dompter ESSAMAY qui aura fini en quelques années de marquer son territoire dans la prairie du département sociologie, toujours en quête du sens de la vie pour donner plus de sens à sa vie.

De là, naquit la résolution d’ESSAMAY de servir une grande cause, de servir son pays, de servir sa nation, de servir l’humanité toute entière. Il venait ainsi de trouver sa vocation de Soldat, s’engageant dans l’armée par voie de concours.

D’ailleurs, il est sorti major du concours le plus sélectif des officiers, à savoir le « Concours Unique des Grandes Ecoles Militaires » (CUGEM 2006).

Il est ainsi envoyé dans l’une des plus prestigieuses académies de formation d’officiers au monde : l’Académie Royale Militaire de Sandhurst en Angleterre.

De chez les britanniques, le digne porte étendard du Sénégal sortira encore comme meilleur élève officier en phase Prépa-RMAS. A son retour au pays, il est affecté dans différents bataillons et centres de formation pour soit commander (22BRA), soit former les jeunes militaires de notre grande armée sénégalaise (BAT12, ENSOA, …).

Cependant, c’est durant son séjour en zone opérationnelle dans le Fogny (en Casamance) que ce grand guerrier, alors surnommé DIERRY, est devenu sous nos yeux, notre Héros.

De DJIBIDIONE à la frontière avec la Gambie, de Narangs à Diakoye, son fameux DIERRY, des années après, y est encore gravé en lettres d’or à tel enseigne qu’il fasse ombrage à ses jeunes vaillants successeurs.

Le Fogny se souviendra pour toujours de « la Grande Marche » qui avait réuni des milliers d’âmes pour la Paix en Casamance et qui avait eu lieu à DJIRAL grâce à notre « ASSAMPOUL » (diarbat en Diola).

Encore un autre surnom, comme le dit l’adage, les grandes destinées ont toujours plusieurs appellations.

Les articles sur ses actions en faveur de la paix et la cohésion nationale peuvent être consultés sur internet (Google.com, Seneweb.com ou allAffrica.fr). Il suffit de taper sur les barres de recherche : « Casamance, l’armée mise sur le sport pour consolider le processus de paix ».

Cet évènement c’était tenu le 20 octobre 2014, pour dire que ce jeune officier d’alors était en avance de dix ans sur ses contemporains si l’on sait que le thème de la journée des forces armées édition 2023 a eu pour thème « les forces armées au cœur de la cohésion nationale ».

Ce jeune cadre supérieur de l’armée a connu des engagements extérieurs toujours au service de paix. Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre d’années. Je me rappelle encore ce jour fatidique. En fait, je n’ai jamais eu aussi peur de le perdre que quand il était engagé en mission des nations unies au Mali en 2016.

Il commandait la 1ère compagnie du quatrième détachement sénégalais. Quinze intenses mois de mission au nord Mali.

J’ai fondu en larme quand il m’a dit qu’il n’a pu sauver les dizaines de personnes tuées lors de l’attaque la plus meurtrière de l’histoire de la crise malienne, celle du camp du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) où sa compagnie était envoyée en intervention sous les feux des groupes terroristes.

Dans la photo, il était avec trois autres dont une commandante féminine au milieu d’un carnage qui me rappelait les photos de la guerre de Solférino.

Il me racontait que Sa compagnie était tombée sur au moins 07 attaques d’engins explosifs improvisés entre Gao et Kidal. Depuis lors je me stressais quotidiennement quand j’apprenais à travers les ondes, des attaques par IED à Gao, Kidal ou Tombouctou.

J’étais allé jusqu’à lui suggérer de démissionner pour faire autre chose de moins risquée, il m’avait répondu en ces terme : « I am a men leader. I am trained to lead, manage and command soldiers in the battle fied. So, I am what I am made of : SERVE TO LEAD. »

Il renchérissait disant : « je n’y peux rien. D’une part, je n’ai pas le droit de trahir ces hommes qui sont loin des siens. J’ai le devoir moral de les ramener tous au pays, sains et saufs.

Je ne veux aucune veuve dans leur famille en cette période de conjoncture précaire.

D’autre part, c’est notre devoir sacerdotal de monnayer nos vies au prix de la paix dans le monde en général et au Sénégal en particulier. C’est ça notre périlleuse et dangereuse mission.

: Garantir la sécurité des personnes et de leurs biens contre toute agression extérieure.

Diémé, un sénégalais en détresse ou mort par insécurité m’ôte le sommeil des jours.

Un tel cas échéant me donne un sentiment de culpabilité morale et d’échec.

Être un officier militaire, un fantassin de surcroit, est une lourdeur morale et patriotique qui transcende toute appréhension que le civil peut en faire ».

Un tel haut degré de patriotisme et d’humanisme qui dépasse celui du commun des mortels, me rendais si fier de l’homme que j’avais au bout du fil : un vrai JAMBAAR.

La dimension humaine de cet exemplaire officier supérieur est marquée par la pensée pieuse qu’il a eu envers ses soldats décédés en service commandé, en leur octroyant chacun un terrain gratuitement à Dakar (Tivaouane Peulh).

Il s’agit de feue Ndeye Aida SENE, une de ses élèves morte des suites d’un incident lors d’un saut parachutiste en 2012, du feu Lieutenant Amadou DIALLO, mort en opération et de l’élève sous-officier Jean Noel SARR, mort subitement lors d’une séance de sport à l’ENSOA.

Pourquoi le chef suprême des armées a radié ce digne fils de la Casamance ?

Pourquoi tout cet acharnement et cette tentative d’humiliation envers un si impressionnant officier supérieur ?

Des jours et nuits durant, j’ai juste été écœuré par ce traitement frustrant et ingrat envers un officier qui aura tout donné à notre institution militaire.

Quand, au mois de Janvier passé, je l’ai appelé pour avoir de ses nouvelles de la semaine comme nous le faisions si souvent l’un pour l’autre, il me faisait savoir qu’il était escorté pour aller prison militaire à Bargny où il a fait 100 jours sans interruption et dans la dignité totale.

On lui alternait arrêt de rigueur et forteresse. Il me disait en plaisantant qu’il était enfin confondu à un surveillant des travaux du Génie.

Eh oui ! ESSAMAY ne saurait faire autrement. Ces trois mois de prison lui ont privé de son stage de planification opérationnelle au Ghana, à l’école de la paix Koffi ANNAN et de sa candidature au test de l’école de guerre. L’injustice systémique le poursuivit jusqu’à le remplacer au poste de staff pour lequel il était déjà désigné en mission extérieur en Centre Afrique.

A la fin de sa purge à Bargny, il sera reconduit à Kolda pour sa traduction devant un conseil d’enquête en vue de sa radiation sur instruction de la plus haute autorité de ce pays.

Comme s’il était devenu subitement, et je ne sais par quel truchement, le plus grand délinquant que l’armée a connu. Après son simulacre de conseil, il est affecté à Tambacounda (eh oui, les vieilles méthodes du colon ont encore cours dans notre cher Sénégal) comme chef de bureau garnison en guise de punition en attendant son décret présidentiel de radiation.

Un vrai ESSAMAY, un chef de guerre, un digne soldat, un meneur d’homme de la nation se voit ainsi humilié par ses chefs après tant d’années de dévouement et de sacrifices pour la cause nationale, voire internationale.

Un seul décret suffit pour mettre fin à une vie professionnelle, une carrière militaire d’un si brillant et intéressant officier supérieur dont la nation a plus que jamais besoin.

A la question de savoir quel est le motif de la radiation, il me répondait :

« on me reproche d’avoir un jour, fait sortir une ambulance militaire au-delà des limites de mon secteur. En théorie c’est ça le motif trouvé, mais en réalité c’est l’effet SONKO ». En toute humilité, il ajoutait :

« mon pays mo fa tolu et je m’en remets au Maitre des destins qui a bien voulu mettre un terme au mien dans le cadre du service militaire. Je suis animé d’un sentiment du devoir accompli.

Une chose est constante, J’ai réussi toutes mes missions opérationnelles dans le respect de la hiérarchie de commandement et la loyauté. Ceux que j’ai commandé ces 16 années de carrière seule pourront, par voie orale et dans les réseaux faire témoignage sur DIERRY et l’histoire retiendra. C’est mon heure d’aller me reposer et de prendre soin de ma famille. Je suis persuadé que mes promos et mes jeunes qui sont aussi brillants, voire plus, continueront de tenir très haut le flambeau de l’institution. Elle est le vrai dernier rempart d’une nation. Si elle est infectée, la sécurité risquerait d’en pâtir ».

Il sera pour moi mon HEROS, mon IDOLE, mon DIERRY, mon ESSAMAY, mon JAMBAAR, bref mon PATRIOTE. Atti, reviens chez toi, ta terre natale où nous avons plus que jamais besoin de toi. SERVIR, c’est ton destin. Viens nous coacher comme tu nous l’as fait depuis l’université. Nous serons fiers d’être tes nouveaux soldats et de former ton nouveau bataillon

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