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Justice et Vendetta : Les Défis du Régime de Bassirou Diomaye (Ousseynou Nar Guèye)

Nous attendions du régime de Bassirou Diomaye, surnommé par certains « le président de la République délégué auprès du Premier ministre Sonko », qu’il apaisât les cœurs et ressoudât le corps social de notre pays. Cependant, l’affectation en rafale de trois juges à Tambacounda — Oumar Maham Diallo, Abdou Karim Diop et Mamadou Seck — semble plutôt relever de la vendetta d’État, plutôt que d’une démarche visant la justice équitable.

Cette situation traduit une « justice des vainqueurs », où la politique semble s’abattre sur les magistrats et la corporation judiciaire. En effet, le déplacement brutal de ces juges vers une région perçue comme un symbole de la disgrâce, rappelant la ville de Limoges en France, laisse présager un climat de méfiance et de ressentiment.

« Quand la justice des vainqueurs entre par la porte, le Droit est déjà sorti par la fenêtre. » Nous avions espéré des nouveaux dirigeants capables d’apaiser les tensions et de restaurer la cohésion sociale, particulièrement après les turbulences des quatre dernières années. Le peuple sénégalais a été pris en otage et martyrisé dans une guerre politico-judiciaire marquée par la violence et le nombre de victimes.

Les attentes étaient élevées : nous espérions que les nouveaux dirigeants seraient « les adultes dans la pièce », pour utiliser une expression anglo-saxonne. Cependant, la continuité des chicanes vindicatives, alimentées par des accusations et des conflits incessants, semble prédominer. Pendant les dix dernières années, la tête de gondole de Pastef a été associée à une défiance systématique envers la justice et à une contestation régulière des décisions définitives.

Le chef de l’État, en tant que président du Conseil Supérieur de la Magistrature, a le devoir de protéger les magistrats contre toute atteinte à leurs droits et intérêts, tant collectifs qu’individuels. La préservation de l’indépendance de la justice est essentielle pour maintenir la solidité du Contrat social qui fonde notre vie en société.

Par Ousseynou Nar Guèye

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