
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, président du parti Patriotes du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (Pastef-Les Patriotes), a critiqué la décision de la France de reconnaître six tirailleurs sénégalais exécutés à Thiaroye en 1944 comme « morts pour la France ». Sonko a exprimé que ce n’était pas à la France de déterminer le nombre d’Africains trahis et tués, ni la nature et l’étendue des réparations qu’ils méritent, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Dans une déclaration sur ses réseaux sociaux, Sonko a souligné que la reconnaissance et les réparations doivent être décidées de manière conjointe. Il a également rappelé l’importance de rétablir la vérité sur le nombre de tirailleurs sénégalais tués à Thiaroye et d’assurer leur réhabilitation humaine, mémorielle et matérielle.
Le massacre de Thiaroye a eu lieu le 1er décembre 1944, lorsque des anciens combattants africains, de retour d’Europe après avoir participé à la Seconde Guerre mondiale, ont été massacrés par des militaires français au camp de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, pour avoir réclamé leurs arriérés de solde et leur prime de démobilisation. Ces soldats, communément appelés « tirailleurs sénégalais », provenaient de diverses colonies françaises en Afrique.
Ousmane Sonko a critiqué la subite prise de conscience de la France, qui intervient alors que le Sénégal se prépare à célébrer le 80e anniversaire de ce douloureux événement. Il a souligné que la France ne pourra plus seule contrôler le récit de cette histoire tragique.
Lors du Conseil des ministres du 26 juin, Sonko a annoncé la création d’un Comité ad hoc chargé des préparatifs de la commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais et africains à Thiaroye. Le rapport de ce comité sera soumis en septembre 2024.
Les événements de Thiaroye ont été qualifiés d’« épouvantables et insupportables » par le président français François Hollande en 2014 lors de sa visite à Dakar.


