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Île de Gorée : Les déchets ménagers décorent les fonds marins

Situé au large de la baie de Dakar, le littoral de l’île de Gorée est confronté aux rejets de déchets ménagers constitués pour l’essentiel de matières plastiques. Ce décor superficiel cache une réalité alarmante : la pollution des fonds marins environnants.

À la surface de l’eau, flottent des sachets et sacs plastiques arrachés du littoral rocheux de l’île par les vagues. Une vedette de l’Océanium Diving Center, un club de Dakar spécialisé en plongée sous-marine, s’approche de la porte du voyage sans retour de la Maison des esclaves de Gorée. Les moniteurs de plongée préparent les participants pour une exploration des fonds marins.

Armés d’équipements de plongée comme des dry bags, des antibuées, des boussoles de plongée, des bouteilles d’oxygène, et d’autres accessoires, les plongeurs sont prêts. Le moniteur Landing et ses coéquipiers les accompagnent dans ce baptême de plongée.

S’éloignant de la surface de l’eau, un monde impressionnant et riche en couleurs se dessine progressivement au fond de l’océan. Cependant, des paysages aquatiques enchanteurs sont ternis par des dépôts d’ordures composés de sachets plastiques, de sacs, d’habits, de filets de pêcheurs abandonnés. Ces déchets illustrent le niveau de pollution des fonds marins des zones urbaines côtières.

Les poissons nagent au-dessus de ces amas d’ordures, au milieu d’un décor d’objets en fin de vie, rappelant l’insalubrité visible à la surface de la terre. Les fonds marins de l’île de Gorée, constitués d’un relief rocheux et accidenté, sont dénaturés par les ordures ménagères. Cette pollution sous-marine est alarmante et comparable à celle du littoral des zones urbaines côtières.

Après plusieurs minutes d’exploration, il est temps de remonter à la surface. De retour au siège du club Océanium Diving, le directeur du club, Rodwan El Ali, fils de l’écologiste Haidar El Ali, guette les plongeurs. Comme son père, Rodwan est un fervent défenseur de l’océan et de l’environnement. Depuis 2018, il a lancé l’initiative « sea-setal », destinée à débarrasser les fonds marins de Dakar et de l’île de Gorée des déchets.

« Nous avons longtemps mené une campagne de sensibilisation auprès des populations pour leur faire comprendre que la mer n’est pas un dépotoir d’ordures », explique Rodwan El Ali, déplorant le niveau de pollution des fonds marins de l’île de Gorée et des zones côtières urbaines du Sénégal.

Il rappelle que la commune de Gorée se débarrassait autrefois des ordures par bateau, mais cette pratique a cessé. Aujourd’hui, des plongeurs reviennent souvent déçus par la pollution de l’île, connue pour son rôle dans l’histoire du commerce triangulaire.

Rodwan souligne que toute la baie de Dakar est ultra polluée par des rejets domestiques. « En dehors des déchets domestiques, des bateaux industriels et des pêcheurs locaux jettent parfois des ordures en mer ou abandonnent leurs filets, piégeant ainsi les poissons au fond de la mer », déplore-t-il, appelant les nouvelles autorités étatiques à préserver l’océan.

Il suggère que l’État crée des aires marines protégées fonctionnelles avec un système de maillage contrôlé et donne à la gendarmerie environnementale les moyens de surveiller ces zones. « Malheureusement, la réalité est que n’importe qui fait ce qu’il veut en mer et personne ne dit rien. Donc, ce qu’il faut, c’est juste renforcer le contrôle et le respect de la loi au Sénégal », insiste-t-il.

L’Océanium organise régulièrement des opérations bénévoles « sea-setal » pour nettoyer les fonds marins de la baie de Dakar. « Ces opérations de nettoyage des fonds marins aident à débarrasser annuellement la baie de Dakar, sur un rayon de 10 kilomètres, de 40 tonnes de déchets », indique Rodwan, reconnaissant que malgré ces efforts, les déchets sont encore présents dans les fonds marins.

« Les déchets plastiques sont encore là, dans nos fonds marins et avec le temps, le plastique se transforme en microparticules et finit par être mangé par les poissons que nous consommons », alerte le défenseur de l’océan.

Fondé en 1984, l’Océanium est un club de plongée sous-marine, de formation et d’exploration marine basé à Dakar, près du village de Terrou Baye Sogui, en face de l’océan Atlantique.

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