
Les assises des médias qui ont débuté le 28 mai dernier ont abouti à une série de recommandations ambitieuses pour réformer et moderniser le système judiciaire au Sénégal. L’événement, marqué par des discussions approfondies sur les défis et les opportunités pour la justice, s’est conclu avec la remise d’un rapport contenant 30 recommandations clés au président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Le facilitateur des assises, Babacar Guèye, a souligné l’importance de renforcer les ressources financières et infrastructurelles du service public de la Justice. Cette mesure vise à consolider l’État de droit et à garantir un accès équitable à la Justice pour tous les citoyens sénégalais.
Parmi les recommandations, il est proposé d’instituer une commission permanente de réforme des textes juridiques afin de répondre aux besoins évolutifs de la société. Cela inclut la modification des dispositions essentielles du Code de procédure pénale, du Code de la famille, du Code de procédure civile, ainsi que d’autres lois spécifiques comme le Code des drogues et le Code de l’environnement.
Une autre recommandation majeure concerne la fonctionnalité des tribunaux existants, avec une volonté de décentraliser la gestion administrative et d’attribuer davantage de compétences aux tribunaux de grande instance. Cela vise à renforcer la justice de proximité et à améliorer les conditions d’accès à la justice pour tous les citoyens.
Les assises ont également insisté sur l’importance de promouvoir l’aménagement des peines et d’autonomiser le juge de l’application des peines (JAP) pour assurer une exécution des peines plus juste et efficace. La protection des droits des citoyens lors des enquêtes policières et judiciaires a été mise en avant, avec la recommandation de créer un juge des libertés et de la détention pour éviter les mandats de dépôt systématiques et protéger la liberté individuelle.
Par ailleurs, les recommandations incluent des mesures visant à renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire, à améliorer les conditions de travail des magistrats et des auxiliaires de justice, ainsi qu’à gérer le déficit d’avocats en assurant un maillage territorial plus efficace.
Enfin, les assises ont proposé la création d’une Haute Autorité de la Justice (HAJ) pour ouvrir davantage le système judiciaire aux citoyens et assurer une gouvernance transparente et responsable.
Ces recommandations marquent une étape importante vers une réforme judiciaire significative au Sénégal, visant à renforcer l’intégrité, l’efficacité et l’accessibilité de la justice pour tous les citoyens. Le président Bassirou Diomaye Faye devra maintenant étudier ces propositions pour déterminer les prochaines étapes vers une mise en œuvre concrète et durable de ces réformes.


