
Le tabagisme représente un lourd tribut financier pour l’État du Sénégal, selon une récente étude de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (CICODEV). Les chiffres sont alarmants : le coût annuel du tabac s’élève à 122 milliards de francs CFA, soit cinq fois plus que les recettes générées par cette industrie.
Un gouffre financier pour le système de santé
Cette somme astronomique se décompose en deux postes de dépenses majeurs. D’une part, 74 milliards sont consacrés aux soins médicaux liés aux pathologies induites par le tabagisme. D’autre part, 48 milliards représentent les pertes de revenus causées par l’absentéisme au travail et les décès prématurés des fumeurs.
En contraste frappant, l’État ne perçoit que 24 milliards de francs CFA en revenus annuels du secteur du tabac, dont 20 milliards en recettes fiscales et 4 milliards en bénéfices commerciaux et salaires.
Une menace pour la santé publique
Le tabagisme figure parmi les principales causes des maladies non transmissibles (MNT) telles que le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires et pulmonaires chroniques. Ces affections chroniques engloutissent 37% du budget national alloué à la santé, soit 233,6 milliards de francs CFA par an.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les MNT sont responsables de 45% des décès au Sénégal. Face à cette hécatombe sanitaire, le CICODEV appelle à une taxation plus lourde du tabac pour financer la lutte contre ce fléau.
Une nécessité d’agir
Il est impératif de sensibiliser massivement la population aux dangers du tabagisme et de renforcer les politiques de prévention et de lutte contre cette problématique majeure de santé publique. Le lourd tribut économique et humain payé par le Sénégal exige une action résolue des autorités pour endiguer ce fléau.


