
Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Edward Gemayel, a récemment séjourné au Sénégal afin d’évaluer les conclusions du rapport d’audit de la Cour des comptes, publié le 12 février dernier. Cet audit a révélé d’importantes incohérences dans les données budgétaires du pays entre 2019 et 2023, soulevant de sérieuses préoccupations au sein de l’institution financière internationale.
Selon les conclusions du rapport, le déficit budgétaire moyen a été révisé à la hausse de 5,6 points de PIB. Plus alarmant encore, la dette de l’administration centrale, initialement estimée à 74,4 % du PIB, s’élève en réalité à 99,7 % du PIB à fin 2023. Ces révisions mettent en évidence des erreurs de déclaration significatives qui ont faussé l’évaluation de la santé financière du pays.
« La transparence budgétaire est essentielle pour maintenir la confiance des partenaires économiques et des investisseurs. L’audit mené par la Cour des comptes révèle des écarts majeurs qui nécessitent des réformes immédiates », a déclaré Edward Gemayel lors d’une conférence de presse à Dakar.
Face à ces révélations, le FMI a annoncé la suspension de son accord de financement de 1,8 milliard de dollars avec le Sénégal. L’institution a précisé que toute négociation pour un nouveau programme d’aide sera conditionnée à la mise en place de mesures correctives visant à restaurer la fiabilité des données budgétaires et à assurer une gestion plus rigoureuse de la dette publique.
Cette suspension intervient alors que le Sénégal, confronté à un ralentissement économique, comptait sur ce soutien financier pour stabiliser ses finances publiques et financer certains projets d’infrastructure.
Le gouvernement sénégalais a réagi en promettant une série de réformes visant à améliorer la gestion budgétaire et à renforcer les capacités des institutions de contrôle financier. Une cellule de crise a été mise en place pour examiner les recommandations du FMI et proposer des ajustements dans la politique fiscale et budgétaire du pays.
Les prochaines semaines seront cruciales pour le Sénégal, qui devra rassurer ses partenaires financiers et prouver sa capacité à rétablir la discipline budgétaire. En attendant, la population s’inquiète des répercussions de cette crise, notamment sur le coût de la vie et la stabilité économique du pays.
Par Komi ABLE


