Par Mamadou DIOMBERA, Professeur titulaire des Universités CAMES en Tourisme, Patrimoine et Culture, Chef de Département de Tourisme, Université Assane Seck de Ziguinchor

Le 27 septembre, la Journée mondiale du tourisme revient chaque année. Le thème de cette édition invite à déplacer le regard : la promotion touristique n’est pas une fin en soi, c’est un levier au service de la chaîne de valeur. Pour le Sénégal, l’enjeu va au-delà du symbole. Il pose une question simple : savons-nous transformer les arrivées en richesse qui reste et se partage au Sénégal ?
Du nombre de visiteurs à la valeur retenue
On a longtemps jugé une destination au nombre de touristes qu’elle accueillait. Cette mesure ne dit plus grand-chose. Ce qui compte, c’est la part des recettes qui demeure dans l’économie nationale et qui alimente les autres secteurs : agriculture, artisanat, transport, culture.
Dans beaucoup de destinations africaines, une fraction importante de cette valeur s’en va, parce que les liens entre opérateurs touristiques et producteurs locaux sont trop faibles. Le Sénégal n’échappe pas à ce constat. Nos hôtels achètent-ils suffisamment auprès des maraîchers des Niayes ou des pêcheurs du coin ? Nos circuits font-ils vraiment une place aux artisans et aux guides communautaires ?
Des territoires porteurs d’exemples
La Casamance et le Sine-Saloum prouvent qu’un tourisme pensé autrement peut irriguer l’économie locale : hébergement communautaire, produits du terroir, femmes transformatrices. Ces initiatives restent pourtant isolées, faute d’une stratégie nationale qui les ancre dans les territoires.
Trois leviers pour le Sénégal
- Encourager l’approvisionnement local des établissements touristiques, par des incitations fiscales ou des cahiers des charges adaptés.
- Professionnaliser les filières connexes (artisanat, restauration, guidage) pour qu’elles répondent aux exigences d’une clientèle internationale.
- Renforcer la formation universitaire des futurs cadres du secteur, afin que la logique de chaîne de valeur soit intégrée dès la conception des projets.
Une responsabilité partagée
Cette Journée mondiale est l’occasion pour les pouvoirs publics, les universités, les opérateurs privés et les collectivités de s’emparer ensemble de la question.
Le Sénégal a des atouts réels : diversité des territoires, richesse culturelle, position géographique. Ce qui manque, c’est une articulation plus fine entre attractivité touristique et développement économique local.
Tout le thème est là : faire du tourisme non une vitrine, mais un moteur de développement inclusif.



2 Commentaires
Excellent travail
Je suis de la région de Kédougou, Pouvez-vous me mettre en rapport avec le professeur Diombera
+221775313074
J’ai besoin d’un tourisme pour l’élevage intensif dans notre village Aloucky NDoucoumane qui se situe dans la région deKaffrine Département de Màlem Hodar Commune de Dianke Souf au nom du GIE kheweul gui sous la présidence de monsieur Aliou Badiane président GIE kheweul gui Tel:774548201/785245696