
La question des frais de visa non remboursés suscite un débat croissant entre pays africains et européens. Chaque année, des milliers de demandeurs africains paient des frais pour solliciter un visa vers l’espace Union européenne ou le Royaume-Uni, sans garantie d’obtention. En cas de refus, ces montants ne sont pas restitués, ce qui alimente un sentiment d’injustice chez de nombreux candidats au voyage.
Le président zambien, Hakainde Hichilema, a récemment dénoncé cette pratique, la qualifiant d’abusive. Selon lui, les pays africains auraient perdu plus de 70 millions de dollars en 2024 du fait des refus de visas européens, auxquels s’ajoutent des dizaines de millions liés au Royaume-Uni. Une situation qu’il estime déséquilibrée et pénalisante pour les citoyens africains.
Du côté européen, ces frais sont présentés comme des coûts administratifs liés au traitement des dossiers : vérification des pièces, collecte de données biométriques et analyse des risques migratoires. Les autorités estiment ainsi que le service est rendu, même en cas de refus, ce qui justifie l’absence de remboursement.
Au-delà de la polémique, le débat met en lumière la nécessité de repenser les mécanismes actuels. Entre exigence de transparence, équité dans le traitement des demandes et éventuelle réforme des frais, la question des visas pourrait devenir un enjeu diplomatique majeur entre l’Afrique et ses partenaires européens.
Par Komi ABLÉ


