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Le Sud du Sénégal à l’épreuve de la déforestation

Chronique du Professeur Alioune Badara Ndiaye

Une forêt qui s’efface
Autrefois recouvertes d’un manteau vert luxuriant, les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda voient leur paysage changer à un rythme inquiétant. Jadis considérées comme les poumons écologiques du Sénégal, ces terres ploient aujourd’hui sous le poids d’une déforestation silencieuse, mais implacable.

Des causes multiples, des conséquences dramatiques
Exploitation anarchique du bois, feux de brousse à répétition, agriculture extensive et pression démographique : les causes sont bien connues. Partout, les tronçonneuses remplacent le chant des oiseaux et les camions chargés de teck, vène ou fromager sillonnent les routes, emportant avec eux des fragments de notre avenir collectif.

Mais au-delà de la perte de végétation, c’est une véritable tragédie écologique et humaine qui se joue. La forêt n’est pas seulement un espace naturel : elle est un patrimoine, une pharmacie, un garde-manger, une source d’eau et un refuge culturel. Sa disparition entraîne la raréfaction des espèces animales, l’appauvrissement des sols, l’assèchement des cours d’eau et la perturbation des modes de vie traditionnels.

Un paradoxe inquiétant
Alors que les autorités prônent la reforestation et la gestion durable, les trafics de bois continuent d’intensifier leurs activités, souvent sous le regard impuissant – voire complice – de certains. Les populations locales, confrontées à la pauvreté, se voient contraintes de puiser dans ce qu’il reste de la forêt.

Urgence nationale
Il est temps de dire stop à cette lente agonie. Ziguinchor ne doit pas devenir une savane nue. Sédhiou et Kolda ne doivent pas perdre leurs rivières et leurs chants d’oiseaux. La protection de la forêt casamançaise n’est pas seulement un enjeu local : c’est une urgence nationale, un combat pour le climat, la biodiversité et les générations futures.

Réinventer notre rapport à la nature
Il est essentiel de replacer la forêt au cœur des politiques publiques, de l’éducation et de la conscience collective. Car un pays qui détruit ses arbres scie, littéralement, la branche sur laquelle il est assis.

Et si demain, au lieu du bruit des tronçonneuses, résonnait celui des pelles et des jeunes plants ? La renaissance du Sud pourrait alors commencer feuille après feuille, arbre après arbre.

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