
Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) sénégalais traverse une crise sans précédent. Derrière les chantiers à l’arrêt et les grues figées, ce sont des milliers de familles qui subissent les conséquences d’impayés massifs. La dette publique envers les grandes firmes du secteur atteint près de 250 milliards de FCFA, certaines factures datant de plus de deux décennies. Ce gouffre financier met en péril des entreprises autrefois florissantes, piliers de l’économie nationale.
Parmi les symboles de cette débâcle figure le Consortium d’entreprises (CDE). L’effectif de la société, qui comptait encore 2 000 employés en 2023, a fondu à 900 en 2025. Pire, les travailleurs n’ont pas perçu de salaire depuis cinq mois. Les témoignages recueillis dressent un tableau sombre de cette situation : familles endettées, loyers impayés et scolarité des enfants compromise. La crise s’enracine dans un silence qui accentue le désespoir des salariés.
« C’est plus que catastrophique, car on va vers la rentrée des classes. On peut se serrer la ceinture, mais voir nos enfants ne pas aller à l’école, là, c’est la catastrophe », confie Souleymane Abdoulaye Demba, magasinier au CDE. Son cri traduit celui d’un secteur asphyxié, où les promesses de règlement tardent à se concrétiser. Sans un sursaut rapide de l’État et une reprise des paiements, c’est tout l’écosystème du BTP sénégalais qui risque l’effondrement, entraînant avec lui une cascade sociale et économique difficilement réversible.
Par Komi ABLE


